mardi 9 avril 2013

Et le cinéma? (1)

La jeunesse doit être presque éternelle, et non pas s'évaporer dans la somnolence de ceux qui ont déjà vécu, déjà réalisé, en gros, le vieillissement! Dans une petite séquence d'un court métrage il y a ceci. « Un jour Lambert dit à Béatrice -je suis intimement convaincu d'être malade. », et la maladie c'est l'eau stagnante et triste. Mais souvent je me dis simplement, « O distraction imprévisible que le cinéma... » Si nous n'avons pas assez d'argent, que faire? Mais comme nous devons souvent laisser la perfection à son idéal, il ne nous est d'aucune importance d'obéir à certaines contraintes qui nous contraints véritablement. Un cinéma de temps de crise, tiens? Voilà qui peu nous sembler de quelque intérêt. Comme le personnage de Frédéric dans L'amour l'après midi de Rohmer, nous voulons non seulement, en amour mais aussi au cinéma, le sentiment d'une première fois, le sentiment d'une première fois durable. Retrouver cette première fois ou plutôt, une nouvelle première fois, serait ce que nous ferions de plus beau cinématographiquement de nos jours même en période de crise.
      La crise que nous traversons devrait modifier pour certains nouveaux talents la manière même d'entreprendre leur travail, que ce soit conceptuel ou technique. Retourner à l'essentiel du cinéma. Sans fioritures, ni merdicités périodiques! Nous devrions toujours subir en art les affres de quelque chose d'essentiel et de neuf à la fois. Foi au combien cousu à la poche arrière de mon veston. « si Béatrice se penchait un peu plus, Lambert aurait pu apercevoir ce qu'elle voulait lui cacher le plus tard possible, s'étant toujours mise en tête que, l'amour, celui qu'elle voulait faire naître à celui qu'elle désirait, ne pouvait prendre sens dans le désir sexuel qu'un sein d'entré de jeu peu faire naître à un jeune homme. » quand la technologie entre dans le cinéma, que peut-elle lui apporter de véritablement positif et concret? Qu'est ce l'on retiendra de son apport? Peu de choses peut être, à moins que je ne me trompe...
     

Car l'essence d'un film est sa propre poésie, son propre enchantement, sa propre mélodie, sa propre éthique, bref, le cinéma est avant tout un art, et rien d'autre, non? Et dans son essence il pourra trouver d'infinies possibilités de se régénérer et d'offrir au public une matière innovante sans jamais souffrir le vague goût d'un mêt déjà passé. Briser la tendance si elle n'est pas tentante! Déjà en 1954 Truffaut signalait que sur une centaine de films français sorti chaque année, seulement une dizaine méritait de retenir l'attention des critiques et des amoureux du cinéma, qu'en est-il aujourd'hui? Au delà des films commerciaux qu'on nous vend comme des oxygénations importantes pour le cinéma français car occupants les i places du box-office et raflant les premières récompenses cinématographiques, il va s'en dire que le cinéma est alors un art bien particulier, car son caractère populaire est à prendre en considération tout en gardant le soucis de la recherche et de la qualité de l'écriture scénario. 
 Pour avancer, le cinéma doit tout d'abord se retrouver, se retrouver dans se qu'il a de plus fondamental, le scénariste doit prendre conscience qu'il fait en écrivant un scénario, ce que fait le peintre devant sa toile. Veut-il faire du sublime ou du grotesque? Au xixè siècle, le grotesque était encore un genre beau quand il était bien traité. Aujourd'hui cela est juste grotesque bien que le genre soit disparu depuis pas mal de temps. Le monde est beau, on l'oublie trop souvent et le cinéaste, le bon cinéaste, se doit de réaliser le lien entre la représentation extérieur et le représentation intérieure de l'être. L'expressionisme allemand offrait une porte sur l'intérieur dans sa plus brutale expression. La vie de l'âme vu de l'extérieur. L'expressionisme était relié avec le drame, l'horreur, la folie, la trahison, en offrant un cinéma en contraste avec le cinéma d'aventure ou romanesque. Les décors mise en place, les jeux de lumière, ont été des éléments fondamentaux participant à cette conception psychologique du cinéma. Et si selon Kracauer c'est l'âme qui apportait la lumière à ce cinéma, il est donc intéressant de se pencher sur la représentation de la lumière par la psyché de l'acteur. Toute couleur, toute lumière, toute sensation vus à travers les perceptions du personnage. L'esthétique doit se faire âme et poésie.
      
Mais parlons du cinéma mental. Comment approcher au plus proche de le sensation, de l'essence de l'être, de son moi, de la structure de sa psyché? Le plongement de la caméra dans l'acteur. L'introspection dans le cinéma ne s'est jamais vraiment fait pleinement retranscrire, jamais pleinement ressentir. Il faudrait accorder plus de place au personnage principal au détriment peut être des autres, mais le résultat sera à ce prix. Le lieu où l'acteur ne fait plus qu'un avec l'image, que le monde qui nous est donné à voir soit celui qu'il voit véritablement et non par l'intermédiaire d'une caméra ou autre. Le but est de relié les pensées à l'action, aux mouvements de l'acteur. D'obtenir une nouvelle vision du jeu, et d'une histoire par l'état de « psychologie intérieur » de l'être humain. Ce sera la pensée qui s'exprimera alors avant toute chose dans le film, avant toute action du corps. Le cinéma de Kubirck ou de Resnais est encore beaucoup trop extérieur à la vie intrinsèque du cerveau, de la naissance des idées, de l'élaboration de nos principes, de nos décisions. Nous ne devons pas laisser place au flou ou aux fausses interprétations. Mais chez ces deux maîtres, se sont d'autres visions de la psyché qui sont montrées ; pour nous, notre devoir est d'explorer de nouvelles terres de l'abstraction, vers une nouvelle Amérique conceptuelle un peu sordide, un peu étrange, mais au combien, j'en suis sûr, gorgée de trésors. Sans rien oublier de ce que devons à la rigueur, la structure même du film se construira sur des préceptes techniques tels que le plan taille sera privilégié pour le dynamisme que l'on veut apporter à la scène.

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