vendredi 2 février 2018
lundi 22 janvier 2018
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mardi 17 octobre 2017
"La lue", poème tiré du recueil "U floc de poésies", Jean-Baptiste Bégarie (1892-1915), poète béarnais mort pour la France
LA LUE
« 0 Lue ! quau nèn haroulè
Mey que tu cour las galihorces,
Quoan dab lou gran sourelh, au soum dou tou soulè,
E hès à las estorces ? »
Mey que tu cour las galihorces,
Quoan dab lou gran sourelh, au soum dou tou soulè,
E hès à las estorces ? »
En balles ! L'arcast ni lou hèu
Acera n'esmaboun la lue.
D'escarnes qu'aleba moun co, coume u bourrèu
De qui-n hounce la pue.
Ouaucop lou plasè 'sbarluèc
De-ns ha tatès que l'arrougagne ;
E lunan darrè-u broulh, coum lou mounard trufèc,
D'arrîde s'escarcagne.
De-ns ha tatès que l'arrougagne ;
E lunan darrè-u broulh, coum lou mounard trufèc,
D'arrîde s'escarcagne.
Quaucop tabé gaytan, s'ou pouy,
Dou cèu brusla-s la blue rase,
Que bedém eslita-s, bère dab sou cap couy,
Nouste lue de case.
Dou cèu brusla-s la blue rase,
Que bedém eslita-s, bère dab sou cap couy,
Nouste lue de case.
Qu'arròdie coume u bòlou d'or,
Regan tout dous l'estéle yaune,
Sauneyàyres luècs au cerbèt de biscor,
Que la boulém ta daune.
Que bòlie sous calots de nèu,
Coum lou cap d'u taure cournude,
Lou nèn enlusernat, acatan lou ridèu
Dou brès, que la salude.
U sé yoenin, au cèu bluard,
Lou bòlou d'or hasè hielade,
Cusmeran lous arrays en u baram escarp :
Qu'ère u bèt sé de hade.
Lou lugra s'esTîupabe au glap
De las pesquitetes choalines.
h la lue courrè, chens da nat tume-cap.
Débat de las peyrines
L'oelh briac, que dechàbi 'n l'arriu
La loue danse briuleyante,
Quoan ue estéle au cèu, eslinchan coume u hiu,
E cadou per la cante.
La loue danse briuleyante,
Quoan ue estéle au cèu, eslinchan coume u hiu,
E cadou per la cante.
Qu'ère u brouch. Sa bergue d'arèu
Qu'abè lusit en l'escuradc...
Que bedouy, lusent d'oelhs, u perrac de camèu
Segui la me peytade...
Traduction française
LA LUNE
« O Lune, quel gamin folâtre — plus que toi court
les ravins — lorsque sur le champ de ta voûte, — tu
joûtes avec le soleil géant ? »
les ravins — lorsque sur le champ de ta voûte, — tu
joûtes avec le soleil géant ? »
En vain ! Le reproche, ni le grief là-bas n'ont point
ému la lune ; — de sarcasmes moqueurs elle a blessé
mon coeur, tel un bourreau — qui enfonce le dard.
Parfois, le plaisir étrange — de nous faire des niches
l'irrite ; — et, nous épiant derrière le nuage, comme
le singe moqueur, — elle pouffe de rire.
Parfois encore, regardant par dessus le puy — se
consumer la bure bleue du ciel, — nous voyons se glisser,
belle avec sa tête chauve, — la lune de chez nous.
consumer la bure bleue du ciel, — nous voyons se glisser,
belle avec sa tête chauve, — la lune de chez nous.
Qu'elle roule comme un globe d'or, — frôlant légèrement
l'étoile jaune, — rêveurs lunatiques, au cerveau
bizarre, — nous la voulons pour dame.
Qu'elle vole sur les cimes neigeuses — encornée
comme un taureau, — l'enfantelet ébloui, écartant le
rideau — du berceau, la salue.
Un soir de ma jeunesse, au ciel bleuâtre, — le globe
d'or semblait filer de la laine, — pelotonnant les
rayons en un halo léger : — c'était un beau soir d'enchantement !
L'étoile glissait, fuyant la morsure — des petits poissons
doucereux, — et la lune courait sans donner de la
tête — contre les pierres.
L'œil enivré, j'abandonnais dans le ruisseau — leur
danse sautillante, — lorsqu'un astre glissant du ciel
comme un fil, — vint tomber sur la rive.
danse sautillante, — lorsqu'un astre glissant du ciel
comme un fil, — vint tomber sur la rive.
C'était un sorcier. Sa verge de houx — avait lui
dans l'obscurité... — Je vis un fantôme informe de
chameau, les yeux ardents, — suivre ma fuite...
Jean-Baptiste Bégarie, U floc de poésies [Texte imprimé] : texte béarnais avec traduction française, éd. Libiè de l'Escole Gastou Febus, 1930, 83 p.
samedi 14 octobre 2017
Léon Bloy, Un brelan d'excommuniés, (1889)
Brelan : n. m. (haut all. bretling, table). Réunion de trois cartes de même valeur, au poker. Un brelan d'as. (Le petit Larousse illustré, 1995).
Ces trois "cartes" ou, à coup sûr, ces "trois as" littéraires! ont pour noms : Jules Barbey d'Aurevilly, Ernest Hello, Paul Verlaine. "Trois as" marqués par l'excommunication de la "conspiration du silence" et siégeant, comme la fraîche colombe nimbée de lumière et immaculée de la pureté inconditionnelle du génie, sur le fumier himalayesque du monde contemporain ; monde trois fois lépreux, charriant chaque jour que Dieu fait sa médiocrité sacerdotale, celle des honnêtes gens, - le pire cauchemar de Bloy - , des bien-pensants, des pleutres claquemurés depuis cinq cents ans dans la fange du conformisme catholique, des indifférents, des inconscients, de ceux qui ne veulent pas, ne peuvent pas, ne peuvent plus, voir le Christ sanglant sur la Croix, ce sang, ruisseau interstellaire et toujours coulant irrésistiblement de l'Amour de Dieu, et dont l'univers entier est trempé. Excommuniés parce que vivants, tremblants encore devant le mystère, habitants la vision du Mal, en n'en fouillant parfois les entrailles, baignant de cette absolue nécessité d'être violenté par l'absolu, principe de l'être existant de l'esprit, par l'esprit, jusque dans les profondeurs abyssales du Moi.
Exister.
Trois artistes plongés dans les limbes du silence, ce silence d'une netteté formidable de la part de la bien-pensance catholique de l'époque, si formidable et commune, et qui est, avec la crachat et l'insulte, la récompense que le néant ne trouve qu'à donner à la grandeur, aux plus hautes manifestations de la vie de l'être, aux plus clairvoyantes ombres de la vie transcendantale de l'âme, s'exfiltrant aussi bien de l'ombilic du Mal que de l'instinctive poussée de cette propre âme à l'appel du Ciel Bienheureux de l’Époux et à l'espérance.
Trois artistes. Une faute.
Il fallut être bien supérieur soi-même pour un attachement aussi virile. Au-travers de ces trois figures infernales pour le commun ecclésial de l'époque, Bloy veut rendre justice à l'Art, à l'artiste, justice qu'il crie aussi pour lui-même, ce pèlerin de l'absolu comme il aimait se surnommer. Bloy, le plus infernal styliste de la littérature française. Ce pourrait-il que L'Église se souvienne encore de ces trois enfants sublimes qui ne l'ont pas oublié? Telle doit être la promesse de ce livre pour que se réalise invariablement, logiquement, révérencieusement, ces mots de Hello tirés de la préface à sa Physionomie des saints :"C'est en vain que le monde s'écroule. L'Église compte ses jours par ses fêtes. Elle n'oubliera pas un de ses vieillards, pas un de ses enfants, pas une de ses vierges, pas un de ses solitaires. Vous la maudissez. Elle chante. Rien n'endormira et rien n'épouvantera son invincible mémoire." Espérons qu'elle garde encore pour les siècles à venir la mémoire de ses artiste.
Léon Bloy, Un brelan d'excommuniés, L'Herne éd., coll. carnets de l'herne, Paris, 2012, 104 p.
vendredi 6 octobre 2017
Avant-propos, Histoire de France, Ernest Lavisse (1911)
Avant-propos de l'Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution du patriote de La ligue française :
"L'histoire d'un peuple est inséparable de la contrée qu'il habite. On ne peut se représenter le peuple grec ailleurs qu'autour des mers helléniques, l'Anglais ailleurs que dans son île, l'Américain ailleurs que dans les vastes espaces des États-Unis. Comment en est-il de même du peuple dont l'histoire s'est incorporée au sol de la France, c'est ce qu'on a cherché à expliquer dans ces pages.
"Les rapports entre le sol et l'homme sont empreints, en France, d'un caractère original d'ancienneté, de continuité. De bonne heure les établissements humains paraissent y avoir acquis de la fixité; l'homme s'y est arrêté parce qu'il a trouvé, avec les moyens de subsistance, les matériaux de ses constructions et de ses industries. Pendant de longs siècles il a mené ainsi une vie locale, qui s'est imprégnée lentement des sucs de la terre. Une adaptation s'est opérée, grâce à des habitudes transmises et entretenues sur les lieux où elles avaient pris naissance. Il y a un fait que l'on a souvent l'occasion de remarquer en notre pays, c'est que les habitants se sont succédé de temps immémorial aux mêmes endroits. Les niveaux de sources, les roches calcaires propices à la construction et à la défense, ont été dès l'origine des nids d'attraction, qui n'ont guère été abandonnés dans la suite. On voit, à Loches, le château des Valois s'élever sur des substructions romaines, lesquelles surmontent la roche de tuffeau percée de grottes, qui ont pu être des habitations primitives.
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| Ernest Lavisse |
"L'homme a été, chez nous, le disciple longtemps fidèle du sol. L'étude de ce sol contribuera donc à nous éclairer sur le caractère, les mœurs et les tendances des habitants. Pour aboutir à des résultats précis, cette étude doit être raisonnée; c'est-à-dire qu'elle doit mettre en rapport l'aspect que présente le sol actuel avec sa composition et son passé géologique. Ne craignons pas de nuire ainsi à l'impression qui s'exhale des lignes du paysage, des formes du relief, du contour des horizons, de l'aspect extérieur des choses. Tout au contraire. L'intelligence des causes en fait mieux goûter l'ordonnance et l'harmonie.
"J'ai cherché à faire revivre, dans la partie descriptive de ce travail, une physionomie qui m'est apparue variée, aimable, accueillante. Je voudrais avoir réussi à fixer quelque chose des impressions que j'ai éprouvées en parcourant en tous sens cette contrée profondément humanisée, mais non abâtardie par les œuvres de la civilisation. L'esprit y est sollicité par la réflexion, mais c'est au spectacle tantôt riant, tantôt imposant de ces campagnes, de ces monts et de ces mers qu'il est sans cesse ramené comme à une source de causes."
mardi 3 octobre 2017
Le trésor des humbles (1896), de Maurice Maeterlinck
Quelle est la vie de l'âme? On s'interroge encore, et ce, depuis des siècles et des siècles et pourtant, mais comme il est spécifié dans le livre de Maeterlinck, il ne faudrait rien dire, rien dire jusqu'à la fin des siècles. Comme il ne peut rien se dire du destin d'un amour éternel, des traits bouleversants de l’extase de la Madeleine de Caravage, de l'antique beauté de la liturgie romaine, de la musique de Bach, des regards échangés de deux amis, du pressentiment du destin d'un être, de chaque être, etc. L'âme peut se poser en toute chose, se nourrissant essentiellement d'elle-même, elle engage pour l'être humain ce chemin gorgé de lumières et d'abysses où l'on semble se perdre seulement pour s'ancrer sur l'infinité du lieu où tous les mondes possibles de l'être peuvent s'engendrer, où le Moi n’entrouvre ses entrailles à l'esprit que pour lui faire sentir qu'il n'est qu'un trait particulier de l'âme plongé dans une obscurité qui n'est que le reflet de lui-même. Pour appréhender ce lieu, notre auteur nous fait bien comprendre qu'il faut être adepte du silence, un disciple du silence, un martyr festif du silence, de cette parole qui est le vrai dire de l'âme et qui recèle sa vie même, sa manifestation ordinaire, sa présence inéluctable. La vraie communion des âmes se fait par et dans le silence, cette lumière des êtres qui dépasse toutes les manifestations consciente de notre nature.
"Rien n'est visible et cependant nous voyons tout." dit Maeterlinck dans le chapitre Les avertis. Personnellement, je dirais l'inverse de cette phrase : tout est visible et cependant nous ne voyons rien. Tout est posé devant nous, nous voyons, mais savons-nous vraiment ce que nous voyons? Il faudrait sentir, intuitionner, au-delà de la pensée et du langage l'origine et le destin de chaque chose vue. Le silence doit être une révélation à la vision et non une opacité du mystère, à l'étrangeté de soi ou d'autrui. Et Le trésor des humbles (1896), ce livre de la permission à l'au-delà de la pensée, de la splendeur des abysses indescriptibles de la vie de l'âme, de l'angoisse de l'infinitude de la beauté, nous aide à tâtonner, ici et là, dans le gouffre indicible de nous-même. Ce livre a certains accents d'un autre esprit très pénétrant de la vie de l'âme, je fais référence à Gustave Thibon et à des ouvrages comme Ce que Dieu a uni où les ressorts les plus mystérieux et profonds de la nature humaine sont appréhendés sous l'angle d'une pensée chrétienne.
Je propose ici quelques extraits tirés du livre de Maeterlinck et propices à méditations:
"Nous vivons à côté de notre véritable vie et nous sentons que nos pensées les plus intimes et les plus profondes même ne nous regardent pas, car nous sommes autre chose que nos pensées et que nos rêves. Et ce n'est qu'à certains moments et presque par distraction que nous vivons nous-mêmes. Quel jour deviendrons-nous ce que nous sommes?" (p. 47)
"Il est certain que les relations naturelles et primitives d'âme à âme sont des relations de beauté. La beauté est le seul langage de nos âmes... Elles n'en comprennent pas d'autres. Elles n'ont pas d'autre vie, elles ne peuvent produire autre chose, elles ne peuvent pas s'intéresser à autre chose. Et c'est pourquoi, toute pensée, toute parole, tout acte grand et beau est immédiatement applaudi par l'âme la plus opprimée et la plus basse même, s'il est permis de dire qu'il y ait des âmes basses. Elle n'a pas d'organe qui la relie à un autre élément et elle ne peut juger que selon la beauté. Vous le voyez à chaque instant dans votre vie ; et vous même, qui avez renié plus d'une fois la beauté, vous le savez aussi bien que ceux qui la cherchent sans cesse dans leur cœur." (p. 175)
"Or, ne l'oublions pas, nous sommes ici sur des montagnes où s'ignorer n'est pas tout simplement ne pas savoir ce qui arrive en nous quand nous sommes amoureux, timides ou envieux, heureux ou malheureux. S'ignorer, où nous sommes, c'est ignorer ce qui se passe de divin dans les hommes. Nous sommes laids quand nous nous éloignons des dieux qui sont en nous ; et nous devenons beaux à mesure que nous les découvrons. Mais nous ne trouverons le divin dans les autres qu'en leur montrant d'abord le divin dans nous-mêmes. Il faut que l'un des dieux fasse signe à l'autre dieu ; et tous les dieux répondent au plus imperceptible signe." (p. 180)
"Je disais tout à l'heure qu'elle transforme en beauté les petites choses qu'on lui donne. Il semble même, à mesure qu'on y songe qu'elle n'ait pas d'autre raison d'être, et que toute son activité s'emploie à réunir au fond de nous un trésor de beauté qu'on ne peut pas décrite. Est-ce que tout ne se changerait pas naturellement en beauté si nous ne venions pas troubler sans cesse le travail obstiné de notre âme?" (p. 182)
Maurice Maeterlinck, Le trésor des Humbles, Grasset, coll. Les cahiers rouges, 2008, 196 p.
lundi 18 septembre 2017
André Gide, Morale chrétienne, Journal, 1896, pléiade, p. 96
"Je m'étonne que le protestantisme, en repoussant les hiérarchies de l'Église, n'ait pas repoussé du même coup les oppressantes institutions de saint Paul, le dogmatisme de ses épîtres, pour ne relever plus que des seuls Évangiles. On en viendra bientôt, je pense, à dégager les paroles du Christ, pour les laisser paraître plus émancipatrices qu'elles ne le paraissent jusqu'alors. Moins ensevelies, elle paraîtront plus dramatiquement, niant enfin la famille (et l'on s'autorisera de cela pour la supprimer), tirant l'homme lui-même de son milieu pour une carrière personnelle et lui enseignant par son exemple et par sa voix à n'avoir plus de possessions sur la terre, plus de lieu où reposer sa tête. O avènement de cet "état nomade", toute mon âme te souhaite! où l'homme, sans foyer clos, ne localisera pas plus son devoir ou son affection que son bonheur, sur tels êtres./J'ai beau lire et relire l'Évangile, je ne vois pas une seule parole du Christ dont se puisse fortifier, et même autoriser, la famille, le mariage. J'en trouve au contraire qui le nient... "C'est à cause de la dureté de vos cœurs...", dit le Christ parlant des anciennes lois éducatrices de Moïse sur le divorce, qu'impliquaient celles du mariage. La levée de chaque disciple est enlèvement à sa famille; par respect filial, l'un d'eux veut, avant de suivre Jésus, ensevelir son père : "laisse les morts ensevelir les morts", lui dit le Maître. "Qui est ma mère et qui sont mes frères?" répond-il lorsqu'on lui dit que sa mère et ses frères sont venus pour le voir, et montrant tous ceux qui l'écoutent : "Voilà, ajoute-t-il, voilà ma mère et mes frères."
André Gide, Littérature et morale, Journal, 1896, pléiade, p. 94
"Je soutiendrai qu'il faut ceci, pour un artiste : un monde spécial, dont il ait la clef. Il ne suffit pas qu'il apporte une chose nouvelle, quoique cela soit énorme déjà; mais bien que toutes choses en lui soient ou semblent nouvelles, transapparues derrière une idiosyncrasie puissamment coloratrice./Il faut qu'il ait une philosophie, une esthétique, une morale particulières; toute son oeuvre ne tend qu'à le montrer. Et c'est ce qui fait son style. J'ai trouvé aussi, et c'est très important, qu'il lui faut une plaisanterie particulière; un drôle à lui."
jeudi 23 mars 2017
Pas d'accord avec Gramsci sur l'idée que l'homme est esprit et non nature dans son Il grido del Popolo. Il a une mauvaise notion de la nature. La création historique de l'homme est une forme de vie dans le sens wittgensteinien. "Le
fait est que ce
n'est que par degrés, par strates, que l'humanité a acquis la
conscience de sa propre valeur et a conquis son droit à vivre
indépendamment des hiérarchies et privilèges des minorités qui
s'étaient affirmées historiquement au cours des périodes
précédentes. Et une telle conscience s'est formée, non sous
l'aiguillon brutal des nécessités physiologiques, mais grâce à la
réflexion intelligente, réflexion de quelques-uns d'abord, puis de
toute une classe, sur les causes de certains faits, et, sur les
meilleurs moyens à adopter pour les transformer, d'occasions
d'asservissement, en étendards de rébellion et de rénovation
sociale. Cela veut dire que toute révolution a été précédée
d'une intense activité de critique, de pénétration culturelle,
d'imprégnation d'idées, s'exerçant sur des agrégats d'hommes, au
départ réfractaires, et uniquement préoccupés de résoudre, jour
après jour, heure par heure, pour leur propre compte, leur problème
économique et politique, sans lien de solidarité avec tous ceux qui
partageaient leur condition." Tout ceci est de l'ordre de la pure nature.
"Se connaître soi-même signifie être maître de soi, se
différencier, se dégager du chaos, être un élément d'ordre, mais
un élément de son ordre propre et de sa propre discipline à
l'égard d'un idéal. Et tout ceci ne peut s'obtenir sans connaître
aussi les autres, leur histoire, la succession des efforts qu'ils ont
faits pour être ce qu'ils sont, pour créer la civilisation qu'ils
ont créée, et à laquelle nous voulons substituer la nôtre. Cela
veut dire qu'il faut avoir des notions de ce que sont la nature et
ses lois pour connaître les lois qui gouvernent l'esprit." Là, Gramsci part déjà avec une vision erronée de la nature et des lois par conséquent qui la régisse. Les lois qui gouvernent l'esprit sont à regarder là où justement nous semblons regarder seulement la nature. D'ailleurs, la dernière phrase me semble quelque peu obscure.
mercredi 22 mars 2017
Antonio Gramsci, Cahiers de prison, extrait cahier 1
«§
<51>. Le clergé en tant qu'intellectuel. Recherche sur les
diverses attitudes du clergé pendant le Risorgimento, en liaison
avec les nouveaux religieux et ecclésiastiques. Giobertisme,
rosminianisme. L'épisode le plus caractéristique du jansénisme. À
propos de la doctrine de la grâce et de sa conversion en source
d'énergie industrielle, à propos également de l'objection de
Jemolo à la juste thèse d'Anzilotti – d'où Anzilotti l'avait-il
tirée ? - cf. Kurt Kaser, Riforma e controriforma, à propos de
la doctrine de la grâce dans le calvinisme, ainsi que le livre de
Philip où sont cités des documents actuels sur cette conversion.
Dans ces événements se trouve contenue la documentation sur le
processus de dissolution de la religiosité américaine : le
calvinisme devient une religion laïque, celle du Rotary Club, comme
le théisme du siècle des Lumières était la religion de la
franc-maçonnerie, et avec cette différence que la religion du
Rotary ne peut pas devenir universelle : elle est propre à une
aristocratie élue (peuple élu, classe élue) qui a eu et qui
continue d'avoir des succès ; un principe de sélection, non de
généralisation, d'un mysticisme naïf et primitif propre à ceux
qui ne pensent pas, mais œuvrent comme les industriels américains,
doctrine qui peut proter en soi les germes d'une dissolution même
très rapide (l'histoire de la doctrine de la grâce peut être
intéressante pour voir les différentes adaptations de catholicisme
et du christianisme aux diverses époques historiques et aux
différents pays).
51>
Il
ressort des événements américains rapportés par Philip que, dans
certaines occasion, le clergé de toutes les Églises a, en l'absence
d'un parti représentant les couches moyennes et de la presse d'un
tel parti, fait office d'opinion publique. »
Cahier
1, p. 92,
Gallimard,
1996
lundi 20 mars 2017
Charles Maurras, extraits "Quand les français ne s'aimaient pas", 1916, suite
" Ordre alors
mutilé. Et, en tout temps, génie de qualité inférieure. On a beau
dire : nous valons mieux que cela, aussitôt que nous
ressemblons à nous-mêmes. Par delà la Révolution, par delà
Jean-Jacques et Genève qui nous embrouillèrent de germanisme et de
biblomanie, par delà l'anarchisme hystérique soufflé de l'Orient,
il existe une noble et pure tradition de la France, bien
reconnaissable à ce signe qu'elle est heureuse pour les Français,
que les œuvres inspirées d'elle réussissent complètement et que
hors d'elle nous ne réalisons rien de pur.
Tradition
catholique, c'est-à-dire exclusive d'un christianisme inorganique et
séditieux. Tradition classique, j'entends logique et juridique,
nationaliste et sociale, scientifique et autoritaire : souple et
ferme soutien, solide nourriture des plus grands, des plus beaux et
des lus fortunés moments de notre histoire, le XVIIe siècle, la
Renaissance et le milieu du Moyen Age. Tradition qui développa,
d'abord naïvement, par inclination naturelle et simple noblesse du
cœur, mais plus tard avec une intention dessinée, ce que Rome et
Athènes nous laissèrent de plus humain. " chapitre XIII, Jules Lemaître et Tolstoï, p. 159-160
samedi 11 mars 2017
Charles Maurras, extraits "Quand les français ne s'aimaient pas", 1916
L'âme européenne ne doit pas souffrir les divisions culturelles ou ethniques. Elle est le point central du salut de l'Europe et le ferment de sa prospérité spirituelle, intellectuelle et culturelle. Culture et spiritualité doivent être une seule et même chose au sein des peuples du continent. Une union, une harmonie véritable dépassant les antagonismes psychologiques, religieux, ou idéologiques, ou prétendus tels, par certains auteurs ou classes dirigeantes. Le gothique et le classique par exemple, doivent se comprendre dans l'esprit, leurs points communs doivent se trouver dans l'esprit proprement européen qui les a réalisé. En renouvelant la tradition, lui redonnant cette place privilégiée au sein du peuple. PLace qu'elle a perdu depuis tant d'années. Et en rappelant à ce même peuple qu'elle découle d'un ordre naturel des choses bien plus véritable du point de vue moral et esthétique que ce qu'une subversion tirée de la pensée humaniste peut bien nous être donner à voir aujourd'hui.
"Quand les Français ne s'aimaient pas, ils ne pouvaient rien souffrir qui fût de leur main, ni de la main de leurs ancêtres : livres, tableaux, statues, édifices, philosophie, sciences. Cette ingratitude pour leur patrie était si farouche qu'un étranger a pu dire que leur histoire semblait écrite par leurs propres ennemis. Ni les arts, ni les lettres, ni les idées ne trouvaient grâce, à moins de venir d'autre part.
"Quand les Français ne s'aimaient pas, ils ne pouvaient rien souffrir qui fût de leur main, ni de la main de leurs ancêtres : livres, tableaux, statues, édifices, philosophie, sciences. Cette ingratitude pour leur patrie était si farouche qu'un étranger a pu dire que leur histoire semblait écrite par leurs propres ennemis. Ni les arts, ni les lettres, ni les idées ne trouvaient grâce, à moins de venir d'autre part.
Le plus haut point de
cette mode se place il y a vingt ans environ. Nos compatriotes se
firent donc beaucoup prier et parfois refusèrent net quand on les
conjura de se garder, de se prémunir, de tenir en état leurs armées
de terre et de mer, car à quoi bon mettre en défense tant de biens
qu'ils n'estimaient pas ? Cependant, peu à peu, on les a vus se
réconcilier avec leur image, et voilà qu'aujourd'hui ils se
feraient hacher pour se délivrer d'un Barbare à qui l'on avait tout
ouvert, même l'État, même l'École, même les têtes dans
lesquelles le pays était supposé penser." Préface,
p. VII-VIII
"J'avoue
que nos anciens eurent le beau malheur de vivre trop heureux. Ils ont
développé leur liberté sous nos rois pendant de longs siècles
paisibles sans avoir jamais eu à subir ces occupations étrangères
qui furent le partage de l'Allemagne et de l'Italie. Quand l'ennemi
essayait de les envahir, ils n'avaient pas besoin des Russes et des
Anglais pour le repousser. La solidité des frontières permettait à
leur méditation de se porter sur de tout autres problèmes, plus
haut dans l'espace idéal, plus profond dans le cœur humain. Cela
explique la réserve d notre littérature classique sur quelques
points sensibles de la vie nationale. Elle n'est obsédée ni par les
conditions de la défense, ni par les lois de la durée.
L'indépendance n'était pas exposée, l'autonomie n'était inquiétée
que de loin en loin : qu'aurait servi la spéculation
là-dessus ? Mais réserve n'est pas absence et, dès qu'on y
regarde de près chez nos maîtres, l'essentiel des plus sûrs
principes est aperçu comme à fleur de sol, prêt à fructifier en
conseils et règles de vie civique. Une politique française est
sous-entendue parmi eux.
Depuis,
notre sort a changé : cinq invasions ont été souffertes dans
les cinq quarts de siècles écoulés à dater de la Déclaration des
Droits de l'homme. Cela est propre à faire réfléchir à d'autres
invasions éventuelles. Les vieux principes implicites de la sagesse
du pays en acquièrent une plus-value considérable. Ce qu'ils ont
d'éternel nous met en état de compter et d'examiner les tires, les
raisons, les fondements moraux de notre nationalité menacée par les
arguments de la perfidie autant que par les coups de force. Bientôt
les théories sublimes d'une France abandonnée et sacrifiée
liturgiquement à l'humanité rencontrera chez nous la même
résistance que les courses et les assauts de von Bulow. Les
principes de la politique classique débrouillent les motifs pour
lesquels ce robuste et sage pays a mérité de vivre, de s'étendre
et de prospérer." Préface,
p. XVIII-XX
"Étions-nous
assez ridicules, voici dix ou douze ans, mon cher Jean Moréas, quand
nous parlions de traditions classiques de la France, de l'esprit et
du goût helléno-latin. M. Brunetière nous répondait fort
doctement que le propre du génie français a toujours été
d'emprunter largement pour restituer au centuple. M Charles Dejob ne
se faisait pas faute d'ajouter à cette doctrine des exemples
appropriés. Chacun nous citait pêle-mêle l'influence d'Aristote et
d'Ovide au moyen-âge, des deux antiquités à la Renaissance, de
l'Espagne et de l'Italie au XVIIe siècle, de l'Angleterre au XVIIIe
siècle, e,fin de l'Allemagne à l'époque du romantisme.
Dans l'étude et dans la
discussion de ces influences, on n'introduisait ni critique, ni
mesure, ni choix. On observait quelquefois le degré de force ou de
durée des importations étrangères, jamais le degré de bonheur.
Si, par exemple, les pays de Calderon ou du Tasse avaient inspiré
des œuvres plus belles que ceux de Pope ou de Schiller, personne ne
pensait qu'on en dût tenir aucun compte. Des critiques subtils
avaient, dans leur riche vocabulaire, deux mots à leur usage :
français, c'est-à-dire né et produit en France ; etranger,
c'est-à-dire né et produit à l'Étranger. Termes absolus, que
l'histoire et la géographie ne tempéraient point. Où était né
Virgile? Ne dites pas en Gaule cisalpine, ne dites pas dans le pays
d'où la Gaule transalpine a tiré le principal de sa civilisation.
Virigle, né hors des frontières de la France de 1789, et ayant
employé un autre langage que les français de 1890, était qualifié
d'étranger au même titre et au même degré qu'Ossian. Même façon
péremptoire de s'exprimer sur Homère et J. Paul Richter, sur
Arioste et sur Milton. Enveloppés du même titre, ces inspirateurs
différents des antiques lettres françaises fournissaient, à eux
tous, une argumentation triomphante aux partisans d'une Macédoine
nouvelle composée de tous les jargons européens." Chapitre X,
Une revue
latine, p.
119-120.
"Qu'on
me pardonne de noter ces échos de notre jeunesse. Ils ne valent
point par eux-mêmes, mais par la suite des événements
intellectuels qui les ont, à certain égard, approuvés et
continués. La mode était, en ce temps-là, aux écrivains et aux
artistes septentrionaux. Sans méconnaître le démon brutal ou
subtil qui les agitait, nous avions soin de dire que ces gens-là
n'avaient que d'assez mauvais exemples à nous donner au point de vue
esthétique et que au point de vue moral ils nous dégradaient.
"L'orgueil d'Ibsen, la pitié de Tolstoï, la frénésie de Swinburne,
l'idéalisme sensuel qui anime toute la philosophie de Wagner, le
tâtonnement de Maeterlinck, toutes ces théories, toutes ces
impulsions qui prétendaient à la conduite des mœurs ou du goût
nous paraissaient dénuées d'ordre et de mesure, nous en appelions
des divagations de l'Europe à la loi d'harmonie qui vole d'onde en
onde sur la face de notre Mer. À l'unique nous opposions le
composé ; à l'amorphe, le figuré ; à l'indéfini, le
fini. Nous voulions rétablir " la belle notion du fini ". " N'exceptions la Divinité, ni même les amours. Ils ont leurs
points extrêmes et au-delà, se dissocient. Définitions
certaines, comme chantèrent nos poètes, et justes confins hors
desquels s'étend un obscène chaos."
"Nous percevions donc clairement, nous exprimions, non sans violence,
quelle laideur se cache sous les formules du sentiment ou de la
politique d'alors. Et nous remarquions le danger public enveloppé
dans cette idylle humanitaire, si doucereuse en apparence. Excès de
sensibilité, répétions-nous. La sensibilité n'est pas une règle,
puisqu'elle est le fait à régler. Et nous ajoutions aussi, pour
d'autres erreurs en cours : excès de rigueur. La règle ne
consiste pas à tuer, à détruire, ni à anéantir le sujet qu'elle
doit, au contraire, développer en le maintenant dans sa voie.
Moralement, politiquement, littérairement se dessinait ainsi une
doctrine de la force et de la discipline naturelle que cette force
doit recevoir pour abonder en elle-même, se multiplier et briller." Chapitre XI, Le tien et le mien dans Nietzsche, p. 127-128.
lundi 21 novembre 2016
Kierkegaard, Post-scriptum définitif, extraits
"La connaissance directement inexprimable parce que l'essentiel en est l'appropriation fait qu'elle devient un secret pour quiconque n'est pas semblablement par lui-même doublement réfléchi ; mais cette forme, étant la forme essentielle de la vérité, fait que celle-ci ne peut pas être exprimée autrement." Post-scriptum définitif, in Œuvres complètes, éd. de l'Orante, Paris, 1977, p. 75
"L'existant est constamment en devenir ; le réel penseur existant subjectif reproduit toujours dans l'exercice de sa pensée cette existence à lui propre et il met toute sa pensée en devenir. Il en est ici comme d'avoir du style : seul en a vraiment celui qui n'a jamais rien de tout prêt, mais qui, chaque fois qu'il se met au travail, "agite les eaux du langage", de sorte que le terme le plus courant prend vie à ses yeux comme s'il était tout neuf." Post-scriptum définitif, in Œuvres complètes, éd. de l'Orante, Paris, 1977, p.81
lundi 14 novembre 2016
Ébauche n°6 sur les Prières
Jésus dit un jour à ses disciples, après que ceux-ci, hébétés de ne pas avoir pu accomplir la guérison d'un épileptique possédé, - ce que ne manqua pas de faire Jésus - lui demandaient la raison de leur échec. "À cause de votre peu de foi. Car en vérité je vous le dis: Si vous avec de la foi gros comme un grain de moutarde, vous direz à cette montagne: 'Déplace-toi d'ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible." Cette parole se trouve en Matthieu, 17:20. Avec un foi minime on peut faire sortir un démon d'un corps humain, déplacer une montagne ou croire que le Fils de l'homme est venu sur terre pour laver nos péchés par le sacrifice sur la croix et se ressusciter le troisième d'après sa mort. Comme il n'est pas dans nos habitudes de devoir déplacer un montagne, il faudrait que nous ne doutions pas une seconde, pas un instant, naturellement nous devrions le faire en tant que cet acte participerait naturellement du pur principe de la raison des choses dans la foi. Jésus voulu dire là, crois naturellement en moi dans ce qu'il y a de plus invraisemblable en toi. On pourrait ajouter : dans ce qu'il y a de plus vraisemblable si tu tiens à espérer en la nature divine du Fils de l'homme. Kierkegaard avait dit dans son post-scriptum que la "vérité consiste dans la transformation intérieure du sujet." Il faudrait que la montagne soit intérieurement dans une autre catégorie d'appréhension psychologique du sujet. C'est l'intérieur qui transforme la montagne et la rend sûrement aussi docilement déplaçable aux intentions du sujet qu'un meuble de maison. Cela doit être la foi. Les disciples n'ont pu extirper le démon du corps d'un enfant mais ils ont suivi Jésus sur la route de Capernaüm en pensant qu'il est le Fils des cieux. Il faut dire aussi que, arrivé à l'âge adulte, on est plus respectueux des réalités extérieures, on se soumet beaucoup plus aux rugosités des déterminations du sensible dans notre approche psychologique des objets. L'enfant, lui, imagine encore un peu, découvre, s'impressionne, forme et déforme dans son esprit le monde extérieur. Il conjectures d'autres réalités, tout du moins, on peut plus facilement lui en donner la foi. Les petits enfants sont les plus grands dans le royaume des cieux, il sont plus proches de l'humilité voulue par le Christ et leur foi plus pure. Ai-je été moi-même baptisé pour redevenir un enfant? En quelque sorte, oui. Mais ceci est un projet dans mon devenir chrétien. Je me suis en tout cas fait tout petit sous l'eau bénite et les regards de l'assistance. Cette vie nouvelle est donc une montée vers l'enfance raisonnable, la noble petitesse qui se pose virilement sur le chemin encore non débroussaillé de la foi. C'est la venue de la plus vivifiante candeur intérieure. Hamann, ce grand luthérien, cet inspirateur du geste, dans son exaltation coutumière, avait bien prévenu dans son Aesthica in nuce "Et en vérité, en vérité, en vérité, il faut que nous devenions des enfants si nous devons recevoir l'Esprit de Vérité que le monde ne peut saisir car il ne le voit pas, et, dût-il même le voir, ne reconnaît pas." C'est qu'il écrit, ce "mage du nord", brillamment dans l'enfance raisonnante, articulant l'humour cinglant d'avec le jeu du langage et du dit réinventés.
samedi 12 novembre 2016
Soren Kierkegaard, extrait journal du 16 février 1839
"Crainte et tremblement (cf. Phil. 2, 12) ne sont pas le primus motor de la vie chrétienne, car c'est l'amour ; mais ils sont ce que le balancier est à l'horloge - ils sont le mouvement de la vie chrétienne./ le 16 fév. 39/." Journal EE : 22-27 . 1839. in Soren Kierkegaard, Journaux et cahiers de notes, Volume II, éd. Fayard/éd. de l'Orante, Paris, p.9.
Tacite, Historiarum, IV, 61, 2.
"61. 2 Munius Lupercus legatus legionis inter dona missus Veledae. Ea uirgo nationis Bructerae late imperitabat, uetere apud Germanos more, quo plerasque feminarum fatidicas et augescente superstitione arbitrentur deas. Tuncque Veledae auctoritas adoleuit : nam prosperas Germanis res et excidium legionum pradixerat./"Minius Lupercus, légat de légion, fut envoyé, entre autres présents, à Véléda. Cette vierge, de la nation des Bructères, exerçait un pouvoir étendu, en raison d'une antique coutume des Germains, qui attribue à beaucoup de femmes des pouvoirs prophétiques et qui, avec les progrès de la superstition, en fait des déesses. À cette époque, l'autorité de Véléda grandit, car elle avait prédit le succès des Germains et l'extermination des légions." (Tacite, Historiarum, IV, 61, 2, éd. Les belles lettres, Paris, p. 52)
Tacite, Germania, VIII.
"VIII. Memoriae proditur quasdam acies inclinatas iam et labantis a feminis restitutas constantia precum et obiectu pectorum et monstrata comminus captiuitate, quam longe inpatientius feminarum suarum nomine timent, adeo ut efficacius obligentur animi ciuitatum quibus inter obsides puellae quoque nobiles imperantur. Inesse quin etiam sanctum aliquid et prouidum putant, nec aut consilia earum aspernantur aut responsa neglegunt. Vidimus sub diuo Vespasiano Veledam diu apud plerosque numinis loco habitam ; sed et olim Albriniam et compluris alias uenerati sunt, non adulatione nec tamquam facerent deas."/"On a gardé le souvenir de formations qui fléchissaient déjà et vacillaient et que des femmes ont redressées par la fermeté de leurs adjurations, faisant une barrière de leurs poitrines, montrant toute proche la captivité qu'ils redoutent beaucoup plus vivement pour leurs femmes, au point qu'on s'assure plus efficacement des dispositions des cités dont on exige aussi, entre autres otages, des filles nobles. Bien plus, ils croient qu'il y a en elles quelque chose de sacré et de prophétique, et ils ne dédaignent pas leurs conseils ni ne négligent leurs réponses. Nous avons vu sous le divin Vespasien Véléda considérée longtemps par beaucoup comme un être surnaturel, mais anciennement encore ils ont vénéré Albrinia et plusieurs autres, non par adulation ni dans la pensée qu'ils faisaient des déesses."(Tacite, Germania, VIII, éd. Les belles lettres, Paris, 2010, p. 75)
Tacite, Annales, XIV, 30, 1.
"30. 1 Stabat pro litore diuersa acies, densa armis uirisque, intercursantibus feminis ; in modum Furiarum, ueste ferali, crinibus deiectis, faces praeferebant, Druidaeque cricum, preces diras, sublatis ad caelum manibus, fundentes, nouitate aspectus perculere militem ut, quasi haerentibus membris, immobile corpus uulneribus praeberent."/"Sur le rivage se dressait l'armée ennemie, dense en armes et en hommes, au milieu desquels couraient des femmes ; telles des Furies, en vêtements de deuil, les cheveux épars, elles brandissaient des torches ; et des druides, tout autour, lançaient des prières sinistres, en levant les mains vers le ciel ; l'étrangeté de ce spectacle bouleversa les soldats au point que, comme s'ils avaient les membres paralysés, ils offraient aux coups leurs corps immobiles." (Tacite, Annales, XIV, 30,1, Les belles lettres, Paris, 2003, p. 95)
lundi 7 novembre 2016
Ébauche n°5 sur les Prières
Ne faut-il pas étudier les hommes pour comprendre le christianisme, c'est-à-dire ceux qui l'on fait advenir? Ceux qui ont découvert et ouvert à autrui la Parole? Ceux qui n'ont pas connu l'instruction dogmatique et le rituel de la religion qui s'annonce? La tradition. Ceux qui ont cherché par eux-même dans une obscure lumière, un message à définir, je devrais dire plutôt, à révéler, à partir de la Révélation, à construire pour sa propre compréhension pour essayer d'appréhender ce "scandale" du Christ mort sur la croix. Et faudrait-il que je m'attache à rien d'autre pour ma propre confirmation, pour ma propre recherche? La sensation et l'intuition doivent ici se correspondre pour acheminer la conscience sur une telle proposition de recherche. Une proposition que l'on s'est soi-même posée comme une possibilité de croyance pour soi et pour le monde. N'est-ce pas là la marque de l'intellect et du caractère? L'intellect qui n'est pas réfléchissant mais parlant, le caractère qui n'est pas caractéristique de soi mais caractérisant le soi à nouveau par et envers le caractère. Mais tout ceci ne pourrait être qu'une erreur, une fiction de la recherche par une sorte de projection de la manière de chercher, par la façon dont je dois investiguer le chemin pour arriver à ressentir le coup de canif de la formule. Il faudrait que le protestant soit un sublime chercheur du Père, par ses propres lumières, par ses révélations surtout, par ce qui tombe en lui d'irrémédiable pour une vérité de la recherche. Mais qu'est-ce que la confiance du protestant? N'est-il pas fait usage chez lui d'un trop grand rationalisme, d'une émancipation souveraine sur le dogmatisme? Il est peut-être trop "lui-même", trop enfoncé dans l'intériorité, dans le "je", trop sur ses gardes pour mieux s'assurer qu'il n'est pas en train de se perdre, vivifiant un vitalisme instinctif qui est le propre de la pérennité de l'intégrité de sa place d'individu au sein du cosmos. Il faut regarder aussi l'acte de libre examen auquel il soumet l'Écriture, la stricte Écriture, le stricte signe, le stricte emplacement du signe, de sa signification originaire, placée dans le pensée originaire, auquel le protestant choisit de se remettre, d'approfondir, de méditer, de correspondre, de donner un sens, du sens, son sens, etc., il choisit de croire en cette substance particulière de Dieu dans l'annonce de la signification pour un sens individuel. L'annonce du sens du christianisme doit être posé comme l'annonce d'une prodigieuse historicité du télos de la signification. Mais ceci doit-il constituer le lieu où doit se projeter l'intériorité de l'individu dans la sensation et l'intuition de la recherche? Pourquoi les précurseurs du christianisme avaient-ils quelque chose de plus originaire à dévoiler, à comprendre, à faire vivre par le biais de l'Écriture? Il eu fallu qu'une origine aussi leur arrive tout droit dans l'affect et dans la croyance. Qu'ils recherchent pour leur compte la Parole en leur existence. Qu'ils s'élancent dans le dépassement de l'être. Peut-être, primitivement, y arrivaient-ils plus facilement que nous, qu'ils aient pu être en quelque sorte incorporé instinctivement par une sorte d'instinct mêlé à l'étrange inquiétude du devenir. Le protestant est-il déjà tout fait de la substance du Père, le Père et lui se modelant mutuellement dans son expérience spirituelle? Il sent, il a besoin de sentir, de ressentir, là est la rationnelle assurance. Il a sûrement besoin de ressentir que le péché est la plus grande des maladies, il a besoin de ressentir l'âme du corps ou plutôt, le corps de l'âme dont la santé doit être pour lui la première des préoccupations de son individu.
Le protestant est en quelque sorte le considérant, en usant d'une terminologie proche de Saint-Bernard dans son De consideratione, en opposition au contemplant, le contemplatif, celui qui sait infailliblement de la manière la plus intuitive. Mais ceci n'est-il pas un peu trop exagéré, surfait, déjà joué d'avance? Le protestant doit-il être joué d'avance en tant que sujet chrétien en face de l'Écriture? En effet, comment par exemple, être un considérant du Dieu incarné? Il eu fallu l'acte de séduction de l'Écriture par la révélation de l'amour et de la charité du Fils. Et ainsi, charmé et devenu amant docile mais fiévreux de la recherche du Père par le Fils, dans le Fils. Il eu fallu que l'incarnation soit le médium entre la recherche et le ressentir de la vérité, entre le sens de l'homme et le sens de Dieu, entre le considérant et le contemplant. Il eu fallu qu'il adhère à sa propre importance, à sa propre centralité dans l'infinité de l'univers, dans le chaos perpétuel des astres et des êtres où une mère soucieuse se pencherait vers lui, souriante, dans son berceau aussi infime et risible que l'inexistence. Je tourne et retourne encore la question, la réflexion, j'essaie de vivre cette quête ou plutôt, de devenir ce sujet kierkegaardien convoitant la vérité subjective. Pour Kierkegaard, la foi est ce qui présente l'unique intérêt du sujet dans sa vie, opposant foi et contemplation car celle-ci est pour lui le propre du sujet ne se trouvant pas dans la foi car n'étant pas dans l'unique but de la vérité du christianisme. Le contemplant est statique, esthétique, il écoute en quelque sorte quelque chose de la nature. Si il sait intuitivement, il ne cherche pas, il sait là le but de quelque chose pour lui, subjectivement. On devrait dire qu'il ne souffre pas, que la douleur à ce moment, à ce stade de contemplation , ne l'occupe pas, n'entre pas en lui, ne vit pas en lui. La souffrance doit être la première part de la foi. Je crois parce que je souffre. Kierkegaard croit parce que, passionné, il souffre, souffrant parce qu'il dans l'objet de la passion amoureuse de Dieu. La foi doit se rapporter au mystère de notre souffrance, à l'éclosion de notre souffrance dans le monde. Ne cherche-t-on pas une guérison à un mal génétique? À un mal d'espèce? Et la recherche de l'apaisement serait aussi un trait d'espèce. Nous recherchons le sens du cosmos en-dehors du temps, une raison qui soit absolue, interposée dans l'existence des choses pour leur révéler, nous révéler, un but unique et immuable. Un fondement, un rattachement, une liaison, un récolement de l'absolu du Dit, tout le Dit du fondement en nous, dans la subjectivité, une synthèse entre l’intangibilité de la Voix et l'infinité de la variété de l'acte d'être des étants. L'intimité de soi dans l'autre, voilà la passion, voilà la souffrance, voilà la vie et la mort peut-être. Il faudrait connaître ce genre d’obsession, cette infernale atteinte qui nous tire le long de notre vie terrestre, nous, possédés, tirés tel un Dionysos dans la jouissance du possible ou un cadavre désolé, laissant ça et là des lambeaux de soi décuplant sa solitude. Le véritable amour n'est-il pas toujours une œuvre à accomplir, d'une pureté monumentale? C'est pour ça qu'il ne souffre jamais le galvaudage ou la médiocrité. Ainsi il en va de l'amour de Dieu ou d'une femme. Il semble au revers de tout ceci qu'une insondable illusion berce notre volonté du jouir dans l'élément esthétique de notre sentiment passionnel. On est tiré sensiblement comme du bétail par la passion de l'objet aimé. On subit un quelque chose, un je ne sais quoi, qui paraît répondre à une carence affective, à un vide, à ce qui serait regardé comme un fétichisme, résultant peut-être que d'un manque de soi, d'une faiblesse à dominer la réalité extérieure et intérieure. (il faudrait commenter plus à fond Kierkegaard et le post-scriptum définitif. Par exemple, lorsqu'il dit en § 1 L'Écriture sainte, "Quand on voit dans l'Écriture le critère certain permettant de décider ce qui est chrétien et ce qui ne l'est pas il importe de lui donner toute garantie historique et critique." Le critère est dans ce sens pris en soi dans la Bible, ce doit être le message doctrinal où peut être fait référence "l'inspiration" dont parle ensuite Kierkegaard. Mais bien sûr, s'il y a désaccord entre critique et inspiration comment évaluer à bon escient le travail de reconnaissance critique et historique? "Mais la savante théologie critique, par contre, ne laisse pas une impression sans mélange. (...) Le croyant qui constate l'inspiration doit logiquement tenir tout examen critique, favorable ou non, comme dangereux et y voir une sorte de tentation à douter ; et il est impossible à qui se lance dans ces recherches critiques sans avoir la foi, de prétendre en faire sortir l'inspiration." p. 22-24 in Œuvres complètes tome 10). En bref, quel type d'inspiration se fait jour pour l'homme de foi chrétien dans l'Écriture? Elle doit être objective et subjective à la fois pour une évaluation historico-spirituelle des textes.
Le protestant est en quelque sorte le considérant, en usant d'une terminologie proche de Saint-Bernard dans son De consideratione, en opposition au contemplant, le contemplatif, celui qui sait infailliblement de la manière la plus intuitive. Mais ceci n'est-il pas un peu trop exagéré, surfait, déjà joué d'avance? Le protestant doit-il être joué d'avance en tant que sujet chrétien en face de l'Écriture? En effet, comment par exemple, être un considérant du Dieu incarné? Il eu fallu l'acte de séduction de l'Écriture par la révélation de l'amour et de la charité du Fils. Et ainsi, charmé et devenu amant docile mais fiévreux de la recherche du Père par le Fils, dans le Fils. Il eu fallu que l'incarnation soit le médium entre la recherche et le ressentir de la vérité, entre le sens de l'homme et le sens de Dieu, entre le considérant et le contemplant. Il eu fallu qu'il adhère à sa propre importance, à sa propre centralité dans l'infinité de l'univers, dans le chaos perpétuel des astres et des êtres où une mère soucieuse se pencherait vers lui, souriante, dans son berceau aussi infime et risible que l'inexistence. Je tourne et retourne encore la question, la réflexion, j'essaie de vivre cette quête ou plutôt, de devenir ce sujet kierkegaardien convoitant la vérité subjective. Pour Kierkegaard, la foi est ce qui présente l'unique intérêt du sujet dans sa vie, opposant foi et contemplation car celle-ci est pour lui le propre du sujet ne se trouvant pas dans la foi car n'étant pas dans l'unique but de la vérité du christianisme. Le contemplant est statique, esthétique, il écoute en quelque sorte quelque chose de la nature. Si il sait intuitivement, il ne cherche pas, il sait là le but de quelque chose pour lui, subjectivement. On devrait dire qu'il ne souffre pas, que la douleur à ce moment, à ce stade de contemplation , ne l'occupe pas, n'entre pas en lui, ne vit pas en lui. La souffrance doit être la première part de la foi. Je crois parce que je souffre. Kierkegaard croit parce que, passionné, il souffre, souffrant parce qu'il dans l'objet de la passion amoureuse de Dieu. La foi doit se rapporter au mystère de notre souffrance, à l'éclosion de notre souffrance dans le monde. Ne cherche-t-on pas une guérison à un mal génétique? À un mal d'espèce? Et la recherche de l'apaisement serait aussi un trait d'espèce. Nous recherchons le sens du cosmos en-dehors du temps, une raison qui soit absolue, interposée dans l'existence des choses pour leur révéler, nous révéler, un but unique et immuable. Un fondement, un rattachement, une liaison, un récolement de l'absolu du Dit, tout le Dit du fondement en nous, dans la subjectivité, une synthèse entre l’intangibilité de la Voix et l'infinité de la variété de l'acte d'être des étants. L'intimité de soi dans l'autre, voilà la passion, voilà la souffrance, voilà la vie et la mort peut-être. Il faudrait connaître ce genre d’obsession, cette infernale atteinte qui nous tire le long de notre vie terrestre, nous, possédés, tirés tel un Dionysos dans la jouissance du possible ou un cadavre désolé, laissant ça et là des lambeaux de soi décuplant sa solitude. Le véritable amour n'est-il pas toujours une œuvre à accomplir, d'une pureté monumentale? C'est pour ça qu'il ne souffre jamais le galvaudage ou la médiocrité. Ainsi il en va de l'amour de Dieu ou d'une femme. Il semble au revers de tout ceci qu'une insondable illusion berce notre volonté du jouir dans l'élément esthétique de notre sentiment passionnel. On est tiré sensiblement comme du bétail par la passion de l'objet aimé. On subit un quelque chose, un je ne sais quoi, qui paraît répondre à une carence affective, à un vide, à ce qui serait regardé comme un fétichisme, résultant peut-être que d'un manque de soi, d'une faiblesse à dominer la réalité extérieure et intérieure. (il faudrait commenter plus à fond Kierkegaard et le post-scriptum définitif. Par exemple, lorsqu'il dit en § 1 L'Écriture sainte, "Quand on voit dans l'Écriture le critère certain permettant de décider ce qui est chrétien et ce qui ne l'est pas il importe de lui donner toute garantie historique et critique." Le critère est dans ce sens pris en soi dans la Bible, ce doit être le message doctrinal où peut être fait référence "l'inspiration" dont parle ensuite Kierkegaard. Mais bien sûr, s'il y a désaccord entre critique et inspiration comment évaluer à bon escient le travail de reconnaissance critique et historique? "Mais la savante théologie critique, par contre, ne laisse pas une impression sans mélange. (...) Le croyant qui constate l'inspiration doit logiquement tenir tout examen critique, favorable ou non, comme dangereux et y voir une sorte de tentation à douter ; et il est impossible à qui se lance dans ces recherches critiques sans avoir la foi, de prétendre en faire sortir l'inspiration." p. 22-24 in Œuvres complètes tome 10). En bref, quel type d'inspiration se fait jour pour l'homme de foi chrétien dans l'Écriture? Elle doit être objective et subjective à la fois pour une évaluation historico-spirituelle des textes.
mercredi 2 novembre 2016
- épistémologie - ontologie -
- monisme -
- pré-ontophénologie -
- réalisme - idéalisme -
- idéal- virtuel -
- réel - transcendantal -
- phénoménologie - analytique -
- phénoménologie dans le transcendantal -
- analytique dans l'idéal -
- constructivisme - idéal - réal -
- réappropriation du réal mais non idéel - réappropriation réal du réel par le sujet -
- imagination - acte pulsionnel dans la communication - réaction avant l'imaginaire -
- une pré-ontophénologie est-elle une chose? -
- le langage est-il un quelque chose de plus? - la finalité du mouvement de la psyché - l'esprit est-il la plasticité de la matière - point de vue sur une chose - un objet est vue comme... le comme doit être tout l'objet de la description -
- fiction du virtuel - tout est - idéalisme dans le réalisme - concept du réalisme - le réalisme et l'idéalisme ne sont pas en horizontalité philosophique -l'un est plus honnête que l'autre, moins pervers -
- sur les moyens de connaissance - si l'on ne perçoit ni ne conçoit le réel nous ne connaissons pas alors l'idéal -
- sur la liberté du phénomène transcendantal - idiome originaire -
- point de vue herméneutique - compréhension de soi et de l'autre - compréhension actualisée - réécrite - reconstruite -
- le paraître dans la systématique transcendantale - l'apparition rejoint la présentation mais non la parence - fiction du rien - invention du vide - l'absence - de quelle absence le langage est-il la chose? - sur l'inexistence de l'indéterminé - penser le rien est une pensée sur un déterminé non sur une absence -
- monisme -
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- fiction du virtuel - tout est - idéalisme dans le réalisme - concept du réalisme - le réalisme et l'idéalisme ne sont pas en horizontalité philosophique -l'un est plus honnête que l'autre, moins pervers -
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- point de vue herméneutique - compréhension de soi et de l'autre - compréhension actualisée - réécrite - reconstruite -
- le paraître dans la systématique transcendantale - l'apparition rejoint la présentation mais non la parence - fiction du rien - invention du vide - l'absence - de quelle absence le langage est-il la chose? - sur l'inexistence de l'indéterminé - penser le rien est une pensée sur un déterminé non sur une absence -
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